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MG

Mathias Gagnon-Barbin

Université de Sherbrooke
Coup de pouce maternel : Comment réduire les effets négatifs d’une naissance tardive sur la survie chez le mouflon d’Amérique

Mathias Gagnon-Barbin, Limoilou-Amélie Renaud, Marco Festa-Bianchet et Fanie Pelletier

Le mouflon d’Amérique (Ovis canadensis) profite d’une courte saison de croissance qui dépend du couvert de neige et qui s’étend généralement de mai à septembre. La survie hivernale des agneaux est directement liée à la masse atteinte au sevrage et est grandement influencée par la date de naissance. Les agneaux qui naissent plus tard devraient donc être désavantagées par rapport aux agneaux qui naissent plus tôt pendant la saison de croissance. Cependant, différents processus peuvent permettre à des agneaux de compenser pour une naissance tardive. La croissance compensatoire ou une allocation différentielle de la mère favorisant les agneaux nés plus tard pourraient leur permettre d’amoindrir cet écart. Grace au suivi à long terme d’une population de mouflons à Ram Mountain en Alberta, nous avons pu obtenir des données répétées de masses d’individus marqués mesurées tout au long de la période de croissance. Nous avons ainsi modélisé la masse à trois semaines d’âge, le taux de croissance, la masse en fin de saison et la probabilité de survie des agneaux. La date de naissance a un effet négatif sur le taux de croissance et sur la masse en fin de saison indiquant que les agneaux nés plus tard ne semblent pas pouvoir compenser pour leur retard. Cependant, les agneaux nés tard sont plus lourds à l’âge de trois semaines ce qui augmente leur chance de survie. L’allocation différentiel des mères a le potentiel de réduire les désavantages causés par une naissance tardive mais elle ne compense pas entièrement pour celle-ci.